400 ans de Molière : la Ville de Paris n’est pas à la hauteur

Le 15 janvier 2022, à midi, le petit canon du Palais Royal est sorti de sa torpeur pour rendre hommage à un emblème de Paris, de la France et plus largement de la langue française aux yeux du monde entier : Molière. 

Voici un peu plus de 400 ans, naissait Jean-Baptiste Poquelin. 

Homme du peuple devenu homme de théâtre de génie, il a rendu service à la France, en devenant à jamais un symbole de l’esprit français. Irrévérencieux, son art répondait par un éclat de rire aux lubies, aux sectarismes, aux hypocrisies. Son empreinte unique a fait beaucoup pour la France et, l’actualité nous le démontre amplement, reste salvatrice… 

En février 2021, le Groupe Changer Paris appelait donc la Maire de Paris à soutenir la demande de panthéonisation portée par Francis Huster.

Paris, capitale culturelle et capitale du théâtre d’où rayonne depuis plusieurs siècles la « Maison de Molière », se devait d’appuyer cet appel. Et elle l’a appuyé. Mais du bout des lèvres, consentant à écrire un courrier au Président de la République, dont nous sommes depuis restés sans nouvelles. Dont acte : voici venus les 400 ans, et cette promesse est restée lettre morte. 

Ce soutien peu enthousiaste ne nous étonne pas, tant l’exécutif parisien actuel est une alliance de toutes les Femmes Savantes, toutes les Précieuses ridicules et tous les Tartuffe que compte notre époque. Entre maltraitance du langage, pédantisme des discours vantant de « grands projets » creux, et cris d’orfraies injustifiés, la Ville de Paris doit rire jaune devant les pièces de Molière. 

Enfin quelle erreur, de la part de l’Élysée, de s’opposer à cette demande, qui aurait été un symbole exceptionnel en une période si sombre pour les artistes, ceux du présent comme du passé. 

Molière a donné son nom à notre langue et sa piquante impertinence à notre esprit national. Il est plus qu’une gloire française : il est un moyen de résistance à l’esprit de sérieux, puritain et censeur, qui accable la culture, et un exemple éclatant du lien toujours vivace entre notre héritage et les réalités contemporaines. 

En somme, il est une réponse, essentielle, aux fragilités de notre projet républicain et patriotique.